Reportage : visite de la Semco, l’usine qui fabrique le Thermomix TM6 en France

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Reportage : visite de la Semco, l’usine qui fabrique le Thermomix TM6 en France

le 23 août 2019
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Pour la première fois depuis le lancement de son nouveau robot cuiseur Thermomix TM6, la marque allemande Vorwerk a convié la presse à visiter l’usine qui le fabrique, en France, à Cloye-sur-le-Loire. Une visite qui permet de comprendre en partie le prix élevé de ce robot cuiseur star. Homap partage avec vous les secrets de fabrication du fameux Thermomix TM6.

Depuis presque 60 ans, Vorwerk fabrique des Thermomix. En effet, le premier robot mixeur VKM5 a vu le jour en 1961. En quelques décennies, le Thermomix a évolué pour devenir plus polyvalent ; ce robot s’est aussi taillé une belle réputation de solidité, de fiabilité et regroupe une importante communauté de passionnés qui échangent volontiers conseils et recettes. 

Le Thermomix présente plusieurs particularités. D’abord, il s’agit d’un appareil haut de gamme. Vendu à 1299 €, le dernier-né TM6 est même l’un des robots cuiseurs multifonctions les plus chers du marché. De plus, Vorwerk a adopté une méthode de vente inhabituelle : la vente directe par des conseillers qui font des démonstrations à domicile. Enfin, ce robot de marque allemande est entièrement fabriqué en France. Tous les Thermomix vendus en Europe sont fabriqués à l’usine Semco, à Cloye-sur-le-Loire, dans l’Eure et Loire.

 

Notre avis détaillé sur le Thermomix TM6

Reportage : visite de la Semco, l’usine qui fabrique le Thermomix TM6 en France

La Semco : un site de 23 000 m2 qui peut produire jusqu’à 6200 Thermomix par jour


Le site a été racheté par Vorwerk en 1972, date depuis laquelle la Semco fabrique les Thermomix. Entre 2012 et 2017, le groupe a investi 100 millions d’euros pour agrandir et moderniser son usine. Celle-ci s’étend désormais sur 23 000 m2 dédiés à la fabrication du Thermomix et emploie 400 personnes. Selon les demandes, la capacité de production quotidienne peut quasiment doubler, passant de 3000 à 6200 Thermomix. En moyenne, un Thermomix est fabriqué toutes les 42 secondes. Lors de notre visite de la Semco, Bertrand Langaigne, directeur de Thermomix France et Dirk Hellrung, responsable du site, ont joué les guides.
L’usine compte quatre lignes de montage et trois ateliers d’injection. Car la plupart des pièces en plastique qui composent le Thermomix sont moulées sur place, l’injection étant d’ailleurs l’un des savoir-faire historiques de l’usine. Cela permet notamment de contrôler étroitement la qualité de ces pièces et d’adapter la production aux besoins de la chaîne de montage. Cette spécificité nécessite également des investissements. Par exemple, la seule machine permettant de mouler le capot avant du TM6 coûte 1 million d’euros, auquel il faut ajouter le prix d’un moule (environ 400 000 euros). Cet outil assure l’injection de trois couches successives de matières différentes.

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Des composants 100% européens


Outre les pièces en plastique moulées sur place, tous les composants du Thermomix proviennent d’Europe. Le moteur, l’une des pièces maîtresses du TM6 (il s’agit d’un moteur « à réluctance » breveté, que Bertrand Lengaigne qualifie d’« inusable »), est fabriqué en Allemagne dans les usines de Vorwerk. Le couteau en acier inoxydable est également de fabrication allemande. Le bol, lui, est fabriqué par Guy Degrenne, à Vire en Normandie (le groupe Vorwerk en est devenu actionnaire).



Reportage : visite de la Semco, l’usine qui fabrique le Thermomix TM6 en France

Une exigence de qualité omniprésente


Nous avions déjà eu l’occasion de visiter la Semco lorsque Thermomix y fabriquait son précédent robot TM5. Pour la fabrication du TM6, les chaînes de montage ont été totalement réorganisées, mais les exigences de qualité demeurent aussi strictes. Sur les quatre chaînes de montage du Thermomix, les tâches les plus pénibles et physiques sont allouées à des machines. Quant aux tâches de précision, elles sont effectuées par des opérateurs ; c’est le cas du montage de la carte électronique, de l’installation des poignées, de l’écran ou du vissage du châssis. Des tapis roulants ainsi qu’un petit train automatisé qui circule toutes les deux heures approvisionnent la chaîne de montage en pièces et composants.
De nombreux contrôles sont effectués tout au long de l’assemblage, pour s’assurer que le robot répond bien aux exigences de qualité fixées par le groupe. Dès leur moulage, les pièces en plastique visibles sont inspectées sous toutes les coutures. Un simple point noir ou coloré, à peine perceptible à l’œil nu, suffit à envoyer la pièce au recyclage. Nous avons pu découvrir une « défauthèque » qui donne des exemples types de pièces rejetées.
Et l’inspection n’est pas seulement visuelle : tous les robots de la chaîne sont contrôlés plusieurs fois durant leur assemblage, quasiment après le montage de chaque composant. Le dernier contrôle a lieu au moment du calibrage du TM6, alors qu’il est entièrement monté. Grâce à ces multiples contrôles, tout appareil qui présente un problème est sorti de la chaîne de montage pour résoudre le dysfonctionnement.

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Le marché des robots cuiseurs, chahuté par l’entrée de gamme


Pour rappel, la marque Thermomix représente la part la plus importante du chiffre d’affaires du groupe allemand Vorwerk (2,8 milliards d’euros au total), sachant que ce dernier possède aussi la marque d’entretien des sols Kobold - parmi d’autres activités (comme la vente de moquettes, son activité historique). L’Allemagne demeure le pays dans lequel Vorwerk vend le plus de Thermomix, juste devant la France puis la Chine.
Vorwerk a bien choisi son moment pour ouvrir les portes de son usine à la presse. C’est l’occasion de montrer en toute transparence comment est fabriqué son fameux robot haut de gamme. Car le marché des robots cuiseurs a été chahuté ces derniers mois, Vorwerk essuyant quelques critiques sur son modèle économique et sa politique tarifaire.
Plusieurs marques se partagent le marché des robots cuiseurs haut de gamme. Les principales sont Kenwood, Magimix et Vorwerk, sachant que certains fabricants comme Moulinex ont déjà démocratisé ces appareils en lançant des modèles plus abordables. Mais récemment, un nouvel arrivant a rebattu les cartes à sa manière : Lidl a lancé le robot connecté Monsieur Cuisine Connect sous sa marque SilverCrest, à moins de 400 €. Il n’en fallait pas plus pour que la presse et les consommateurs comparent ce robot cuiseur low-cost au Thermomix et remettent en question les prix pratiqués par Vorwerk. Alors le prix du Thermomix est-il justifié ? Cette visite d’usine fournit quelques pistes.

Reportage : visite de la Semco, l’usine qui fabrique le Thermomix TM6 en France

Qu’est-ce qui justifie le prix du Thermomix ?


La fabrication en France constitue un premier élément de réponse. Quant aux exigences portées à la fabrication du Thermomix, elles sont extrêmes – même si nous n’avons pas d’élément de comparaison, n’ayant pas visité les usines qui fabriquent le robot de Lidl, en Chine.
L’une des forces du Thermomix réside aussi dans son écosystème de recettes. La plateforme Cookidoo compte 5000 recettes en français et même plus de 40 000 recettes internationales (sans compter les recettes partagées par la communauté d’utilisateurs). Pour profiter des recettes guidées de la plateforme, il faut s’acquitter, il est vrai, d’un abonnement de 36 € par an.
Vorwerk met également en avant un service après-vente français bien rodé, ainsi que la disponibilité de pièces détachées pendant au moins 10 ans. À noter que Thermomix, spécialiste des robots cuiseurs, a déjà su faire ses preuves en matière de longévité.
Enfin, la marque accompagne la vente de son robot d’une prestation haut de gamme : la mise en service. Après chaque vente de robot, un conseiller se déplace chez le client pour lui prodiguer un cours de prise en main (il est également possible avant l’achat, de prendre un cours de cuisine dans une agence ou un magasin Thermomix). Cela ne nous semble pas inutile pour appréhender les nombreuses fonctionnalités de tels appareils. Vorwerk précise que le client peut recontacter le conseiller quand il le souhaite en cas de besoin.
Si l’on considère les choix industriels de Thermomix – notamment la fabrication en France - et les services qui accompagnent le TM6, son prix semble justifié. Pour notre part, nous regrettons juste que la marque ne fasse pas l’effort d’allonger la durée de garantie de son robot, en la faisant passer par exemple de 2 ans à 5 ans. Cela serait rassurant pour les consommateurs qui investissent dans ce coûteux appareil.

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